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01/05/2026

Bon week-end à tous

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙

Chère, voici le mois de mai

Chère, voici le mois de mai,
Le mois du printemps parfumé
Qui, sous les branches,
Fait vibrer des sons inconnus,
Et couvre les seins demi-nus
De robes blanches.

Voici la saison des doux nids,
Le temps où les cieux rajeunis
Sont tout en flamme,
Où déjà, tout le long du jour,
Le doux rossignol de l’amour
Chante dans l’âme.

Ah ! de quels suaves rayons
Se dorent nos illusions
Les plus chéries,
Et combien de charmants espoirs
Nous jettent dans l’ombre des soirs
Leurs rêveries !

Parmi nos rêves à tous deux,
Beaux projets souvent hasardeux
Qui sont les mêmes,
Songes pleins d’amour et de foi
Que tu dois avoir comme moi,
Puisque tu m’aimes ;

Il en est un seul plus aimé.
Tel meurt un zéphyr embaumé
Sur votre bouche,
Telle, par une ardente nuit,
De quelque Séraphin, sans bruit,
L’aile vous touche.

Camille, as-tu rêvé parfois
Qu’à l’heure où s’éveillent les bois
Et l’alouette,
Où Roméo, vingt fois baisé,
Enjambe le balcon brisé
De Juliette,

Nous partons tous les deux, tout seuls ?
Hors Paris, dans les grands tilleuls
Un rayon joue ;
L’air sent les lilas et le thym,
La fraîche brise du matin
Baise ta joue.

Après avoir passé tout près
De vastes ombrages, plus frais
Qu’une glacière
Et tout pleins de charmants abords,
Nous allons nous asseoir aux bords
De la rivière.

L’eau frémit, le poisson changeant
Émaille la vague d’argent
D’écailles blondes ;
Le saule, arbre des tristes vœux,
Pleure, et baigne ses longs cheveux
Parmi les ondes.

Tout est calme et silencieux.
Étoiles que la terre aux cieux
A dérobées,
On voit briller d’un éclat pur
Les corsages d’or et d’azur
Des scarabées.

Nos yeux s’enivrent, assouplis,
A voir l’eau dérouler les plis
De sa ceinture.
Je baise en pleurant tes genoux,
Et nous sommes seuls, rien que nous
Et la nature !

Tout alors, les flots enchanteurs,
L’arbre ému, les oiseaux chanteurs
Et les feuillées,
Et les voix aux accords touchants
Que le silence dans les champs
Tient éveillées,

La brise aux parfums caressants,
Les horizons éblouissants
De fantaisie,
Les serments dans nos cœurs écrits,
Tout en nous demande à grands cris
La Poésie.

Nous sommes heureux sans froideur.
Plus de bouderie ou d’humeur
Triste ou chagrine ;
Tu poses d’un air triomphant
Ta petite tête d’enfant
Sur ma poitrine ;

Tu m’écoutes, et je te lis,
Quoique ta bouche aux coins pâlis
S’ouvre et soupire,
Quelques stances d’Alighieri,
Ronsard, le poète chéri,
Ou bien Shakspere.

Mais je jette le livre ouvert,
Tandis que ton regard se perd
Parmi les mousses,
Et je préfère, en vrai jaloux,
A nos poètes les plus doux
Tes lèvres douces !

Tiens, voici qu’un couple charmant,
Comme nous jeune et bien aimant,
Vient et regarde.
Que de bonheur rien qu’à leurs pas !
Ils passent et ne nous voient pas :
Que Dieu les garde !

Ce sont des frères, mon cher cœur,
Que, comme nous, l’amour vainqueur
Fit l’un pour l’autre.
Ah ! qu’ils soient heureux à leur tour !
Embrassons-nous pour leur amour
Et pour le nôtre !

Chère, quel ineffable émoi,
Sur ce rivage où près de moi
Tu te recueilles,
De mêler d’amoureux sanglots
Aux douces plaintes que les flots
Disent aux feuilles !

Dis, quel bonheur d’être enlacés
Par des bras forts, jamais lassés !
Avec quels charmes,
Après tous nos mortels exils,
Je savoure au bout de tes cils
De fraîches larmes !

Théodore de Banville, Les Stalactites, 1846




 

30/04/2026

Bon 1er Mai à tous

 


Bonjour à tous      
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
un bon 1er Mai .
que du bonheur pour vous .
Mais surtout la santé .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du ♥️  


Le drame de Fourmies le 1er Mai

Fourmies, à huit kilomètres de la frontière belge, est une ville ouvrière de 15 000 habitants, comptant 37 filatures de textile. Ce secteur est en crise depuis 1885 et les conditions de travail s’y sont durcies. Ouvriers et ouvrières triment douze heures par jour dans la poussière. Ce 1er mai 1891, les piquets de grève se mettent en place entre 5 et 8 heures du matin, appelant les équipes du matin à rejoindre le mouvement. Dès 9 heures, les gendarmes à cheval chargent le piquet de la manufacture « Sans Pareille », arrêtant sans ménagement quatre manifestants. Outre la maréchaussée, le 84e régiment d’infanterie d’Avesnes est sur place et le sous-préfet apeuré fait venir de Maubeuge la moitié du 145e de ligne. A 11h30 les délégués des fabriques en grève sont reçus par le maire, Auguste Bernier. Ils lui remettent leurs revendications : libération des arrêtés du matin, les 8 heures, mais aussi la possibilité de créer des bourses du travail et des caisses de retraite, une meilleure hygiène dans les ateliers et l’abrogation des amendes pour retard et malfaçon. Vers 18 heures, 200 jeunes manifestants, drapeau rouge en tête, se retrouvent place de l’église face à seulement 30 soldats, des jeunes conscrits apeurés, sous les ordres du commandant Chapus, un galonné qui n’aime guère la « racaille socialiste ».

La foule gronde, mais n’est ni violente, ni armée. Elle arrive au contact. Chapus a peur que ses hommes soient désarmés d’autant qu’ils viennent de toucher le nouveau fusil Lebel, une arme redoutable. En plus, l’officier n’a pas confiance dans ses hommes dont certains sont des appelés originaires de la région. Il hurle : "Feu, feu rapide, visez le porte drapeau". Neuf manifestants sont fusillés quasiment à bout-portant d’une balle en pleine tête : cinq femmes et quatre hommes de 11 à 30 ans. Neuf blessés sont arrêtés. Ils seront condamnés de deux à quatre mois pour "entrave à la liberté de travail, outrage, violence à agent et rébellion". Le pouvoir ajoute l’ignominie à la tragédie. Trois jours plus tard, des manufactures, des mines, des ateliers, des boutiques, ils seront plus de 30.000, drapeaux rouges au vent, à accompagner les neufs martyrs jusqu’à leurs dernières demeures. Le 8 mai, à la chambre, le député socialiste Georges Clemenceau, qui n’est pas encore le « briseur de grèves » dénoncé plus tard par la jeune CGT, rend un vibrant hommage aux victimes de Fourmies..............




24/04/2026

Bon week-end à vous tous

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙 
Dans la forêt

De quoi parlait le vent ? De quoi tremblaient les branches ?
Était-ce, en ce doux mois des nids et des pervenches,
Parce que les oiseaux couraient dans les glaïeuls,
Ou parce qu’elle et moi nous étions là tout seuls ?
Elle hésitait. Pourquoi ? Soleil, azur, rosées,
Aurore ! Nous tâchions d’aller, pleins de pensées,
Elle vers la campagne et moi vers la forêt.
Chacun de son côté tirait l’autre, et, discret,
Je la suivais d’abord, puis, à son tour docile,
Elle venait, ainsi qu’autrefois en Sicile
Faisaient Flore et Moschus, Théocrite et Lydé.
Comme elle ne m’avait jamais rien accordé,
Je riais, car le mieux c’est de tâcher de rire
Lorsqu’on veut prendre une âme et qu’on ne sait que dire ;
J’étais le plus heureux des hommes, je souffrais.
Que la mousse est épaisse au fond des antres frais !
Par instants un éclair jaillissait de notre âme ;
Elle balbutiait : Monsieur… et moi : Madame.
Et nous restions pensifs, muets, vaincus, vainqueurs,
Après cette clarté faite dans nos deux coeurs.
Une source disait des choses sous un saule ;
Je n’avais encor vu qu’un peu de son épaule,
Je ne sais plus comment et je ne sais plus où ;
Oh ! le profond printemps, comme cela rend fou !
L’audace des moineaux sous les feuilles obscures,
Les papillons, l’abeille en quête, les piqûres,
Les soupirs, ressemblaient à de vagues essais,
Et j’avais peur, sentant que je m’enhardissais.
Il est certain que c’est une action étrange
D’errer dans l’ombre au point de cesser d’être un ange,
Et que l’herbe était douce, et qu’il est fabuleux
D’oser presser le bras d’une femme aux yeux bleus.
Nous nous sentions glisser vaguement sur la pente
De l’idylle où l’amour traître et divin serpente,
Et qui mène, à travers on ne sait quel jardin,
Souvent à l’enfer, mais en passant par l’éden.
Le printemps laisse faire, il permet, rien ne bouge.
Nous marchions, elle était rose, et devenait rouge,
Et je ne savais rien, tremblant de mon succès,
Sinon qu’elle pensait à ce que je pensais.
Pâle, je prononçais des noms, Béatrix, Dante ;
Sa guimpe s’entrouvrait, et ma prunelle ardente
Brillait, car l’amoureux contient un curieux.
Viens ! dis-je… – Et pourquoi pas, ô bois mystérieux ?

3 avril 1874

Victor Hugo,




 

17/04/2026

Bon week-end

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙 


Comme un Chevreuil

Comme un Chevreuil, quand le printemps détruit
L’oiseux cristal de la morne gelée,
Pour mieux brouter l’herbette emmiellée
Hors de son bois avec l’Aube s’enfuit,

Et seul, et sûr, loin de chien et de bruit,
Or sur un mont, or dans une vallée,
Or près d’une onde à l’écart recelée,
Libre folâtre où son pied le conduit :

De rets ni d’arc sa liberté n’a crainte,
Sinon alors que sa vie est atteinte,
D’un trait meurtrier empourpré de son sang :

Ainsi j’allais sans espoir de dommage,
Le jour qu’un œil sur l’avril de mon âge
Tira d’un coup mille traits dans mon flanc.

Pierre de Ronsard, Les amours de Cassandre, 1552


 

10/04/2026

Bon week-end à vous qui passez

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙 


Claire

Quoi donc ! la vôtre aussi ! la vôtre suit la mienne !
O mère au coeur profond, mère, vous avez beau
Laisser la porte ouverte afin qu’elle revienne,
Cette pierre là-bas dans l’herbe est un tombeau !

La mienne disparut dans les flots qui se mêlent ;
Alors, ce fut ton tour, Claire, et tu t’envolas.
Est-ce donc que là-haut dans l’ombre elles s’appellent,
Qu’elles s’en vont ainsi l’une après l’autre, hélas ?

Enfant qui rayonnais, qui chassais la tristesse,
Que ta mère jadis berçait de sa chanson,
Qui d’abord la charmas avec ta petitesse
Et plus tard lui remplis de clarté l’horizon,

Voilà donc que tu dors sous cette pierre grise !
Voilà que tu n’es plus, ayant à peine été !
L’astre attire le lys, et te voilà reprise,
O vierge, par l’azur, cette virginité !

Te voilà remontée au firmament sublime,
Échappée aux grands cieux comme la grive aux bois,
Et, flamme, aile, hymne, odeur, replongée à l’abîme
Des rayons, des amours, des parfums et des voix !

Nous ne t’entendrons plus rire en notre nuit noire.
Nous voyons seulement, comme pour nous bénir,
Errer dans notre ciel et dans notre mémoire
Ta figure, nuage, et ton nom, souvenir !

Pressentais-tu déjà ton sombre épithalame ?
Marchant sur notre monde à pas silencieux,
De tous les idéals tu composais ton âme,
Comme si tu faisais un bouquet pour les cieux !

En te voyant si calme et toute lumineuse,
Les coeurs les plus saignants ne haïssaient plus rien.
Tu passais parmi nous comme Ruth la glaneuse ,
Et, comme Ruth l’épi, tu ramassais le bien.

La nature, ô front pur, versait sur toi sa grâce,
L’aurore sa candeur, et les champs leur bonté ;
Et nous retrouvions, nous sur qui la douleur passe,
Toute cette douceur dans toute ta beauté !

Chaste, elle paraissait ne pas être autre chose
Que la forme qui sort des cieux éblouissants ;
Et de tous les rosiers elle semblait la rose,
Et de tous les amours elle semblait l’encens.

Ceux qui n’ont pas connu cette charmante fille
Ne peuvent pas savoir ce qu’était ce regard
Transparent comme l’eau qui s’égaie et qui brille
Quand l’étoile surgit sur l’océan hagard.

Elle était simple, franche, humble, naïve et bonne ;
Chantant à demi-voix son chant d’illusion,
Ayant je ne sais quoi dans toute sa personne
De vague et de lointain comme la vision.

On sentait qu’elle avait peu de temps sur la terre,
Qu’elle n’apparaissait que pour s’évanouir,
Et qu’elle acceptait peu sa vie involontaire ;
Et la tombe semblait par moments l’éblouir.

Elle a passé dans l’ombre où l’homme se résigne ;
Le vent sombre soufflait ; elle a passé sans bruit,
Belle, candide, ainsi qu’une plume de cygne
Qui reste blanche, même en traversant la nuit !

Elle s’en est allée à l’aube qui se lève,
Lueur dans le matin, vertu dans le ciel bleu,
Bouche qui n’a connu que le baiser du rêve,
Ame qui n’a dormi que dans le lit de Dieu !

Nous voici maintenant en proie aux deuils sans bornes,
Mère, à genoux tous deux sur des cercueils sacrés,
Regardant à jamais dans les ténèbres mornes
La disparition des êtres adorés !

Croire qu’ils resteraient ! quel songe ! Dieu les presse.
Même quand leurs bras blancs sont autour de nos cous,
Un vent du ciel profond fait frissonner sans cesse
Ces fantômes charmants que nous croyons à nous.

Ils sont là, près de nous, jouant sur notre route ;
Ils ne dédaignent pas notre soleil obscur,
Et derrière eux, et sans que leur candeur s’en doute,
Leurs ailes font parfois de l’ombre sur le mur.

Ils viennent sous nos toits ; avec nous ils demeurent ;
Nous leur disons : Ma fille, ou : Mon fils ; ils sont doux,
Riants, joyeux, nous font une caresse, et meurent. –
O mère, ce sont là les anges, voyez-vous !

C’est une volonté du sort, pour nous sévère,
Qu’ils rentrent vite au ciel resté pour eux ouvert ;
Et qu’avant d’avoir mis leur lèvre à notre verre,
Avant d’avoir rien fait et d’avoir rien souffert,

Ils partent radieux ; et qu’ignorant l’envie,
L’erreur, l’orgueil, le mal, la haine, la douleur,
Tous ces êtres bénis s’envolent de la vie
A l’âge où la prunelle innocente est en fleur !

Nous qui sommes démons ou qui sommes apôtres,
Nous devons travailler, attendre, préparer ;
Pensifs, nous expions pour nous-même ou pour d’autres ;
Notre chair doit saigner, nos yeux doivent pleurer.

Eux, ils sont l’air qui fuit, l’oiseau qui ne se pose
Qu’un instant, le soupir qui vole, avril vermeil
Qui brille et passe ; ils sont le parfum de la rose
Qui va rejoindre aux cieux le rayon du soleil !

Ils ont ce grand dégoût mystérieux de l’âme
Pour notre chair coupable et pour notre destin ;
Ils ont, êtres rêveurs qu’un autre azur réclame,
Je ne sais quelle soif de mourir le matin !

Ils sont l’étoile d’or se couchant dans l’aurore,
Mourant pour nous, naissant pour l’autre firmament ;
Car la mort, quand un astre en son sein vient éclore,
Continue, au delà, l’épanouissement !

Oui, mère, ce sont là les élus du mystère,
Les envoyés divins, les ailés, les vainqueurs,
A qui Dieu n’a permis que d’effleurer la terre
Pour faire un peu de joie à quelques pauvres coeurs.

Comme l’ange à Jacob, comme Jésus à Pierre,
Ils viennent jusqu’à nous qui loin d’eux étouffons,
Beaux, purs, et chacun d’eux portant sous sa paupière
La sereine clarté des paradis profonds.

Puis, quand ils ont, pieux, baisé toutes nos plaies,
Pansé notre douleur, azuré nos raisons,
Et fait luire un moment l’aube à travers nos claies,
Et chanté la chanson du ciel dam nos maisons,

Ils retournent là-haut parler à Dieu des hommes,
Et, pour lui faire voir quel est notre chemin,
Tout ce que nous souffrons et tout ce que nous sommes,
S’en vont avec un peu de terre dans la main.

Ils s’en vont ; c’est tantôt l’éclair qui les emporte,
Tantôt un mal plus fort que nos soins superflus.
Alors, nous, pâles, froids, l’oeil fixé sur la porte,
Nous ne savons plus rien, sinon qu’ils ne sont plus.

Nous disons : – A quoi bon l’âtre sans étincelles ?
A quoi bon la maison où ne sont plus leurs pas ?
A quoi bon la ramée où ne sont plus les ailes ?
Qui donc attendons-nous s’ils ne reviendront pas ? –

Ils sont partis, pareils au bruit qui sort des lyres.
Et nous restons là, seuls, près du gouffre où tout fuit,
Tristes ; et la lueur de leurs charmants sourires
Parfois nous apparaît vaguement dans la nuit.

Car ils sont revenus, et c’est là le mystère ;
Nous entendons quelqu’un flotter, un souffle errer,
Des robes effleurer notre seuil solitaire,
Et cela fait alors que nous pouvons pleurer.

Nous sentons frissonner leurs cheveux dans notre ombre ;
Nous sentons, lorsqu’ayant la lassitude en nous,
Nous nous levons après quelque prière sombre,
Leurs blanches mains toucher doucement nos genoux.

Ils nous disent tout bas de leur voix la plus tendre :
« Mon père, encore un peu ! ma mère, encore un jour !
« M’entends-tu ? je suis là, je reste pour t’attendre
« Sur l’échelon d’en bas de l’échelle d’amour.

« Je t’attends pour pouvoir nous en aller ensemble.
« Cette vie est amère, et tu vas en sortir.
« Pauvre coeur, ne crains rien, Dieu vit ! la mort rassemble.
« Tu redeviendras ange ayant été martyr. »

Oh ! quand donc viendrez-vous ? Vous retrouver, c’est naître.
Quand verrons-nous, ainsi qu’un idéal flambeau,
La douce étoile mort, rayonnante, apparaître
A ce noir horizon qu’on nomme le tombeau ?

Quand nous en irons-nous où vous êtes, colombes !
Où sont les enfants morts et les printemps enfuis,
Et tous les chers amours dont nous sommes les tombes,
Et toutes les clartés dont nous sommes les nuits ?

Vers ce grand ciel clément où sont tous les dictames,
Les aimés, les absents, les êtres purs et doux,
Les baisers des esprits et les regards des âmes,
Quand nous en irons-nous ? quand nous en irons-nous ?

Quand nous en irons-nous où sont l’aube et la foudre ?
Quand verrons-nous, déjà libres, hommes encor,
Notre chair ténébreuse en rayons se dissoudre,
Et nos pieds faits de nuit éclore en ailes d’or ?

Quand nous enfuirons-nous dans la joie infinie
Où les hymnes vivants sont des anges voilés,
Où l’on voit, à travers l’azur de l’harmonie,
La strophe bleue errer sur les luths étoilés ?

Quand viendrez-vous chercher notre humble coeur qui sombre ?
Quand nous reprendrez-vous à ce monde charnel,
Pour nous bercer ensemble aux profondeurs de l’ombre,
Sous l’éblouissement du regard éternel ?

Victor Hugo





 

04/04/2026

Bonnes Fêtes de Pâques

Bonjour à tous       
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
Des Bonnes fêtes de Pâques .
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du ♥️      


Pâques

De Rome, hier matin, les cloches revenues
Exhalent un concert glorieux dans les nues.

L'écho puissant qui flue et tombe de la tour
Vient magnifier l'air et la terre à leur tour,

L'oiseau, sanctifié par l'or des salves saintes.

Lui-même entonne un hymne aimable et, las de plaintes,
Clame l'alléluia sur un air de chanson.
Dans l'arbre, au ras des prés, et parmi le buisson.

L'alouette, un motet au bec, s'est envolée ;
Le rossignol a salué l'aube emperlée

D'accents énamourés d'un amour plus brûlant,
Et comme lumineux d'un bonheur calme et lent.

Le printemps, né d'hier, allègrement frissonne ;
La nature frémit d'aise, et voici que sonne

Partout dans la campagne, au cœur des vieux beffrois
De l'allier campanile et du palais des rois.

Et de tous les fracas religieux des villes


    Dic nobis, Maria,
Quem vidisti in via ?

De Rome, hier matin, les cloches revenues
Exhalent un concert glorieux dans les nues.
 
L’écho puissant qui flue et tombe de la tour
Vient magnifier l’air et la terre à leur tour.
 
L’oiseau, sanctifié par l’or des salves saintes,
Lui-même entonne un hymne aimable et, las de plaintes,
 
Clame l’alléluia sur un air de chanson,
Dans l’arbre, au ras des prés, et parmi le buisson.
 
L’alouette, un motet au bec, s’est envolée ;
Le rossignol a salué l’aube emperlée
 
D’accents enamourés d’un amour plus brûlant,
Et comme lumineux d’un bonheur calme et lent.
 
Le printemps, né d’hier, allégrement frissonne ;
La nature frémit d’aise, et voici que sonne
 
Partout dans la campagne, au cœur des vieux beffrois
De l’altier campanile et du palais des rois,
 
Et de tous les fracas religieux des villes
Des Paris aux Moscous, des Londres aux Sévilles,
 
Le frais appel pour l’alme célébration
De l’almissime jour de résurrection...
 
La colombe vole au sillon et l’agneau broute.
Dis nous, Marie, qui tu rencontras en route ?
 
Le fleuve est d’or sous le soleil renouvelé...
« C’est le Seigneur : en Galilée il est allé ! »
 
— Ah ! que le cœur n’est-il lavé dans l’or du fleuve !
Sanctifié dans l’or des cloches, l’âme veuve !
 
Et que l’esprit n’est-il humble comme l’agneau,
Blanc comme la colombe en ce clair renouveau,
 
Et que l’homme, jadis conscience introublée,
N’est-il en route encore pour la Galilée !
Paul  Verlaine
(1844-1896)


 

28/03/2026

Bon Dimanche des Rameaux


Bonjour à tous

C'est avec toute mon amitié

que je viens vous souhaiter

une bon dimanche des rameaux.🤍❤️🇫🇷

Prenez soin de vous .

Mille doux bisous du 💙



Le Dimanche des Rameaux


Jour cher au pèlerin qui demande sa voie ;

Dont l’aube, à tout calvaire, allume un peu de joie ;

Beau jour ! où les enfants, des rameaux dans leurs mains,

Se promènent bénis entre tous les humains,

Affairés et contents de parcourir les rues ;

Rapportant au foyer leurs richesses accrues


Ce jour-là je cherchais aussi le rameau vert,

Pour appuyer mon sort tout penché de l’hiver :


J’avançais, je marchais de tristesse éblouie,

Tantôt sous le soleil et tantôt sous la pluie,

Attirée à l’éclat des cierges allumés,

Qui prêtent tant de grâce à nos rites aimés !


De sonores enfants les stalles étaient pleines,

Qui roulaient dans la nef d’innocentes haleines ;

Et Dieu seul entendit une plus humble voix

Qui chantait dans la foule et pleurait à la fois :



« Par le vent de l’exil de partout balayée,

Vraiment, je ne sais plus où je suis envoyée :

Oh ! les arbres du moins ont du temps pour fleurir,

Pour répandre leurs fruits, pour monter, pour mourir ;

Moi, je n’ai pas le temps. Ma tâche est trop pressée :

Dieu ! laissez moi goûter la halte commencée ;

Dieu ! laissez moi m’asseoir à l’ombre du chemin ;

Mes enfants à mes pieds et mon front dans ma main,

Je ne peux plus marcher. Je viens… j’ai vu… je tombe.

Je n’ai pris qu’une fleur là-haut sur une tombe,


Des chapelets bénis pour ceux que nous aimons,

Et j’ai blessé mes pieds aux cailloux des grands monts.


Dieu ! si je suis l’oiseau rasant la terre et l’onde,

Laissez moi de mon fils presser la tête blonde ;

Mon fils ! grandi sans moi qui l’ai fait tout amour,

Sans moi, qui lui donnai tant d’âme avec le jour !

Dieu des faibles, mon Dieu ! si je suis votre fille,

Relevez mon passé dans ma jeune famille :

A mes tendres terreurs ne donnez pas raison ;

Laissez-vous dans un port contempler l’horizon ;

Dans ma précoce nuit allumez une aurore ;

Défendez aux chemins de m’emmener encore ;

Marquez de votre doigt une place pour nous,

Et ralliez le père aux enfants à genoux !»


L’orgue se tut : l’église éteignit sa lumière ;

Ma pensée en mon sein retomba prisonnière :

Mais je ne sais quel charme en coulant à mon cœur,

L’inonda de l’espoir qui brûlait dans le chœur.


Un vieillard me donna, tout ruisselant d’eau sainte,

L’un des mille rameaux dont verdoyait l’enceinte,

Et riche de ce buis qui riait dans ma main,

Du monde et de l’hiver je repris le chemin.


On eût dit qu’avec moi cheminait une amie,

La foi ! toute éveillée et toute raffermie !

Pendant que ses lueurs sillonnaient ma raison,

J’entendis devant moi s’ouvrir une maison ;

Puis le maître apparut qui, me voyant plus pâle,

Et de mon front plus triste interrogeant le hâle,

Me demanda mon sort et s’il ne pouvait pas,

Comme en des temps meilleurs, guider encor mes pas ;

Si je partais toujours ; si la belle patrie

Ne m’aimait pas enfin de l’avoir tant chérie !

Si l’Ange du voyage avait quitté mon seuil,

Et si pour moi la vie avait un doux accueil. »


Émue à cette voix qui plaint et qui protège,

J’écoutais ce pouvoir sans faste et sans cortège :

Mais la foule survint ; la foule me fait peur ;

Elle cherchait sa gloire, et j’écoutais son cœur.

Cédant au flot croissant la grille entrefermée,

J’ai consacré d’un vœu cette demeure aimée ;

Et par-dessus les murs où rentrait l’amitié,

De mon rameau béni j’ai jeté la moitié.



 

27/03/2026

Bonjour à vous tous

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙🤍


Ce printemps

Ce printemps
Le ciel est bleu
Il ne pleut pas beaucoup
Dans les champs
Les agneaux arrivent
Les oiseaux chantent
Leur chœur matinal
Mains tenant.

Ce printemps
Le vent souffle sur les collines
Et traverse la vallée
A contre temps
Les fleurs bourgeonnent
Et les arbres aussi
Malgré familles séparées
Des grands parents.

Ce printemps
Dans la campagne
Le silence explose
Voitures, motards fous
Le bruit implose
Les bébés ne crient pas
Ni rires des voisins,
Les enfants ne jouent
Dans les chemins.

Ce printemps
Les abeilles bourdonnent
Dans ma tête
La télé explique
Ce silence infecte
Le monde a besoin
De respirer sans peur
De toucher à nouveau
De sentir le cœur.

Ce printemps semble
De longue durée
Cruelle et horrible
Et sans pitié
Ce printemps
Doit devenir l’été
Et surement l’automne
Et cet hiver, bouleversé.

Ce printemps une prière
Pour ne pas trop souffrir.
Ensemble nous trouverons
Pour pouvoir guérir.

Chloe Douglas, 2020