Ombres et Lumières

À force de prêter des couleurs à leurs vies,
De tisser des décors aux éclats infinis,
J’ai semé la beauté sur des écrans de verre,
Oubliant qu'ici-bas, la mémoire est éphémère.

Mes mains ont dessiné des havres de douceur,
Offrant du bout des doigts un peu de mon ardeur.
Mais sitôt achevé le travail et l'ouvrage,
Les sourires ont fuis, s'effaçant au virage.

L'ingratitude a le pas discret et léger,
Elle oublie en un jour ce qu'on a mis des mois à créer.
Pourtant, que valent-ils, ces décors sans âme ni éclat,
Si ceux qui les portent oublient d'où venait le pas ?

Qu'importe le silence et les portes qu'on referme,
L'art que l'on a donné reste une valeur ferme.
Ceux qui prennent sans voir ne brilleront qu'un temps,
Car la vraie créativité renaît toujours avec le vent.
Sylviane


30/04/2025

Vive 1er Mai

  Bonjour à tous        

C'est avec toute mon amitié

que je viens vous souhaiter

un bon 1er Mai .

que du bonheur pour vous .

Mais surtout la santé .

Prenez soin de vous .

Mille doux bisous du ♥️   

Le drame de Fourmies le 1er Mai

Fourmies, à huit kilomètres de la frontière belge, est une ville ouvrière de 15 000 habitants, comptant 37 filatures de textile. Ce secteur est en crise depuis 1885 et les conditions de travail s’y sont durcies. Ouvriers et ouvrières triment douze heures par jour dans la poussière. Ce 1er mai 1891, les piquets de grève se mettent en place entre 5 et 8 heures du matin, appelant les équipes du matin à rejoindre le mouvement. Dès 9 heures, les gendarmes à cheval chargent le piquet de la manufacture « Sans Pareille », arrêtant sans ménagement quatre manifestants. Outre la maréchaussée, le 84e régiment d’infanterie d’Avesnes est sur place et le sous-préfet apeuré fait venir de Maubeuge la moitié du 145e de ligne. A 11h30 les délégués des fabriques en grève sont reçus par le maire, Auguste Bernier. Ils lui remettent leurs revendications : libération des arrêtés du matin, les 8 heures, mais aussi la possibilité de créer des bourses du travail et des caisses de retraite, une meilleure hygiène dans les ateliers et l’abrogation des amendes pour retard et malfaçon. Vers 18 heures, 200 jeunes manifestants, drapeau rouge en tête, se retrouvent place de l’église face à seulement 30 soldats, des jeunes conscrits apeurés, sous les ordres du commandant Chapus, un galonné qui n’aime guère la « racaille socialiste ».

La foule gronde, mais n’est ni violente, ni armée. Elle arrive au contact. Chapus a peur que ses hommes soient désarmés d’autant qu’ils viennent de toucher le nouveau fusil Lebel, une arme redoutable. En plus, l’officier n’a pas confiance dans ses hommes dont certains sont des appelés originaires de la région. Il hurle : "Feu, feu rapide, visez le porte drapeau". Neuf manifestants sont fusillés quasiment à bout-portant d’une balle en pleine tête : cinq femmes et quatre hommes de 11 à 30 ans. Neuf blessés sont arrêtés. Ils seront condamnés de deux à quatre mois pour "entrave à la liberté de travail, outrage, violence à agent et rébellion". Le pouvoir ajoute l’ignominie à la tragédie. Trois jours plus tard, des manufactures, des mines, des ateliers, des boutiques, ils seront plus de 30.000, drapeaux rouges au vent, à accompagner les neufs martyrs jusqu’à leurs dernières demeures. Le 8 mai, à la chambre, le député socialiste Georges Clemenceau, qui n’est pas encore le « briseur de grèves » dénoncé plus tard par la jeune CGT, rend un vibrant hommage aux victimes de Fourmies..............
   
Sylvie Erwan 

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