02/04/2026
Bon vendredi Saint
28/03/2026
Bon Dimanche des Rameaux
Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon dimanche des rameaux.🤍❤️🇫🇷
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙
Le Dimanche des Rameaux
Jour cher au pèlerin qui demande sa voie ;
Dont l’aube, à tout calvaire, allume un peu de joie ;
Beau jour ! où les enfants, des rameaux dans leurs mains,
Se promènent bénis entre tous les humains,
Affairés et contents de parcourir les rues ;
Rapportant au foyer leurs richesses accrues
Ce jour-là je cherchais aussi le rameau vert,
Pour appuyer mon sort tout penché de l’hiver :
J’avançais, je marchais de tristesse éblouie,
Tantôt sous le soleil et tantôt sous la pluie,
Attirée à l’éclat des cierges allumés,
Qui prêtent tant de grâce à nos rites aimés !
De sonores enfants les stalles étaient pleines,
Qui roulaient dans la nef d’innocentes haleines ;
Et Dieu seul entendit une plus humble voix
Qui chantait dans la foule et pleurait à la fois :
« Par le vent de l’exil de partout balayée,
Vraiment, je ne sais plus où je suis envoyée :
Oh ! les arbres du moins ont du temps pour fleurir,
Pour répandre leurs fruits, pour monter, pour mourir ;
Moi, je n’ai pas le temps. Ma tâche est trop pressée :
Dieu ! laissez moi goûter la halte commencée ;
Dieu ! laissez moi m’asseoir à l’ombre du chemin ;
Mes enfants à mes pieds et mon front dans ma main,
Je ne peux plus marcher. Je viens… j’ai vu… je tombe.
Je n’ai pris qu’une fleur là-haut sur une tombe,
Des chapelets bénis pour ceux que nous aimons,
Et j’ai blessé mes pieds aux cailloux des grands monts.
Dieu ! si je suis l’oiseau rasant la terre et l’onde,
Laissez moi de mon fils presser la tête blonde ;
Mon fils ! grandi sans moi qui l’ai fait tout amour,
Sans moi, qui lui donnai tant d’âme avec le jour !
Dieu des faibles, mon Dieu ! si je suis votre fille,
Relevez mon passé dans ma jeune famille :
A mes tendres terreurs ne donnez pas raison ;
Laissez-vous dans un port contempler l’horizon ;
Dans ma précoce nuit allumez une aurore ;
Défendez aux chemins de m’emmener encore ;
Marquez de votre doigt une place pour nous,
Et ralliez le père aux enfants à genoux !»
L’orgue se tut : l’église éteignit sa lumière ;
Ma pensée en mon sein retomba prisonnière :
Mais je ne sais quel charme en coulant à mon cœur,
L’inonda de l’espoir qui brûlait dans le chœur.
Un vieillard me donna, tout ruisselant d’eau sainte,
L’un des mille rameaux dont verdoyait l’enceinte,
Et riche de ce buis qui riait dans ma main,
Du monde et de l’hiver je repris le chemin.
On eût dit qu’avec moi cheminait une amie,
La foi ! toute éveillée et toute raffermie !
Pendant que ses lueurs sillonnaient ma raison,
J’entendis devant moi s’ouvrir une maison ;
Puis le maître apparut qui, me voyant plus pâle,
Et de mon front plus triste interrogeant le hâle,
Me demanda mon sort et s’il ne pouvait pas,
Comme en des temps meilleurs, guider encor mes pas ;
Si je partais toujours ; si la belle patrie
Ne m’aimait pas enfin de l’avoir tant chérie !
Si l’Ange du voyage avait quitté mon seuil,
Et si pour moi la vie avait un doux accueil. »
Émue à cette voix qui plaint et qui protège,
J’écoutais ce pouvoir sans faste et sans cortège :
Mais la foule survint ; la foule me fait peur ;
Elle cherchait sa gloire, et j’écoutais son cœur.
Cédant au flot croissant la grille entrefermée,
J’ai consacré d’un vœu cette demeure aimée ;
Et par-dessus les murs où rentrait l’amitié,
De mon rameau béni j’ai jeté la moitié.
27/03/2026
Bonjour à vous tous
20/03/2026
Bonjour à tous
Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙
Ballade « Quand à peine un nuage »
Quand à peine un nuage,
Flocon de laine, nage
Dans les champs du ciel bleu,
Et que la moisson mûre,
Sans vagues ni murmure,
Dort sous le ciel en feu ;
Quand les couleuvres souples
Se promènent par couples
Dans les fossés taris ;
Quand les grenouilles vertes,
Par les roseaux couvertes,
Troublent l’air de leurs cris ;
Aux fentes des murailles
Quand luisent les écailles
Et les yeux du lézard,
Et que les taupes fouillent
Les prés, où s’agenouillent
Les grands bœufs à l’écart,
Qu’il fait bon ne rien faire,
Libre de toute affaire,
Libre de tous soucis,
Et sur la mousse tendre
Nonchalamment s’étendre,
Ou demeurer assis ;
Et suivre l’araignée,
De lumière baignée,
Allant au bout d’un fil
À la branche d’un chêne
Nouer la double chaîne
De son réseau subtil,
Ou le duvet qui flotte,
Et qu’un souffle ballotte
Comme un grand ouragan,
Et la fourmi qui passe
Dans l’herbe, et se ramasse
Des vivres pour un an,
Le papillon frivole,
Qui de fleurs en fleurs vole
Tel qu’un page galant,
Le puceron qui grimpe
À l’odorant olympe
D’un brin d’herbe tremblant ;
Et puis s’écouter vivre,
Et feuilleter un livre,
Et rêver au passé
En évoquant les ombres,
Ou riantes ou sombres,
D’un long rêve effacé,
Et battre la campagne,
Et bâtir en Espagne
De magiques châteaux,
Créer un nouveau monde
Et jeter à la ronde
Pittoresques coteaux,
Vastes amphithéâtres
De montagnes bleuâtres,
Mers aux lames d’azur,
Villes monumentales,
Splendeurs orientales,
Ciel éclatant et pur,
Jaillissantes cascades,
Lumineuses arcades
Du palais d’Obéron,
Gigantesques portiques,
Colonnades antiques,
Manoir de vieux baron
Avec sa châtelaine,
Qui regarde la plaine
Du sommet des donjons,
Avec son nain difforme,
Son pont-levis énorme,
Ses fossés pleins de joncs,
Et sa chapelle grise,
Dont l’hirondelle frise
Au printemps les vitraux,
Ses mille cheminées
De corbeaux couronnées,
Et ses larges créneaux,
Et sur les hallebardes
Et les dagues des gardes
Un éclair de soleil,
Et dans la forêt sombre
Lévriers eu grand nombre
Et joyeux appareil,
Chevaliers, damoiselles,
Beaux habits, riches selles
Et fringants palefrois,
Varlets qui sur la hanche
Ont un poignard au manche
Taillé comme une croix !
Voici le cerf rapide,
Et la meute intrépide !
Hallali, hallali !
Les cors bruyants résonnent,
Les pieds des chevaux tonnent,
Et le cerf affaibli
Sort de l’étang qu’il trouble ;
L’ardeur des chiens redouble :
Il chancelle, il s’abat.
Pauvre cerf ! son corps saigne,
La sueur à flots baigne
Son flanc meurtri qui bat ;
Son œil plein de sang roule
Une larme, qui coule
Sans toucher ses vainqueurs ;
Ses membres froids s’allongent ;
Et dans son col se plongent
Les couteaux des piqueurs.
Et lorsque de ce rêve
Qui jamais ne s’achève
Mon esprit est lassé,
J’écoute de la source
Arrêtée en sa course
Gémir le flot glacé,
Gazouiller la fauvette
Et chanter l’alouette
Au milieu d’un ciel pur ;
Puis je m’endors tranquille
Sous l’ondoyant asile
De quelque ombrage obscur.
Théophile Gautier, Premières Poésies




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