Ombres et Lumières

À force de prêter des couleurs à leurs vies,
De tisser des décors aux éclats infinis,
J’ai semé la beauté sur des écrans de verre,
Oubliant qu'ici-bas, la mémoire est éphémère.

Mes mains ont dessiné des havres de douceur,
Offrant du bout des doigts un peu de mon ardeur.
Mais sitôt achevé le travail et l'ouvrage,
Les sourires ont fuis, s'effaçant au virage.

L'ingratitude a le pas discret et léger,
Elle oublie en un jour ce qu'on a mis des mois à créer.
Pourtant, que valent-ils, ces décors sans âme ni éclat,
Si ceux qui les portent oublient d'où venait le pas ?

Qu'importe le silence et les portes qu'on referme,
L'art que l'on a donné reste une valeur ferme.
Ceux qui prennent sans voir ne brilleront qu'un temps,
Car la vraie créativité renaît toujours avec le vent.
Sylviane


08/11/2024

Matin d’automne

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Matin d’automne

C’est un matin… non pas un matin de Corot
Avec des arbres et des nymphes – sur la terre,
C’est un coin tout petit, entre des murs de pierres
Pas bien hauts…
C’est un matin dans le petit jardin du presbytère.

C’est un matin d’automne :
Vigne rouge, dahlias jaunes
Petits doigts tortillés de chrysanthèmes roux ;
Un tournesol montrant sa face de roi nègre
Sous un vieux diadème de plumes raides, un peu maigres…
Arrosoir vert, près du géranium en pot.
C’est un matin, sans nymphes de Corot.1

Le curé dort, la maison dort, le chemin dort,
Pendant que, doucement, tombent des pièces d’or…

C’est un matin d’automne…
L’aube, qui s’est levée à pas de loup, d’abord frissonne
En peignoir rose… puis se met à rire dans le ciel,
Et tout devient rose comme elle, et rit comme elle,
Et ce sont des clartés roses et blondes telles
Que le petit jardin doré semble irréel.
Réveillée en sursaut, dans le clocher, la cloche sonne :
« Vite ! Vite ! Levez-vous, bonnes gens
C’est le matin ! C’est le matin d’automne !
Je sonne ! Il fait beau temps !

Entends, vieille servante au bonnet blanc, du presbytère.
C’est l’heure, lève-toi… Lève-toi, vieux curé ;
Vois les oiseaux, vois la lumière !
Prends ta soutane et ton bonnet carré,
Ouvre ta porte et va… l’heure te presse !

L’allée a tous les tons fauves des vieux missels…
Va vite, ne t’attarde pas, sous le grand ciel,
Au tout petit jardin plein d’allégresse…
Couleur de feu, couleur de fleurs, couleur de miel,
Il est trop beau ! tu le prendrais pour un autel.
Tu manquerais la messe… »

Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, 1926

 

 Sylvie Erwan 

2 commentaires:

  1. bonjour
    merveilleuse création ,après une semaine de forte émotion et deux jours de repos semaine à venir à l'hopital c'était pas le bon moment mais c'était programmé
    on verra si cela change quelque chose
    je te souhaite une bonne et agréable journée de dimanche

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    1. Coucou ma douceur
      Merci infiniment ma douce amie, bonne Soirée, courage et pleins de doux bisous ♥ prends bien soin de toi .
      Mille doux bisous du ♥

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