Ombres et Lumières

À force de prêter des couleurs à leurs vies,
De tisser des décors aux éclats infinis,
J’ai semé la beauté sur des écrans de verre,
Oubliant qu'ici-bas, la mémoire est éphémère.

Mes mains ont dessiné des havres de douceur,
Offrant du bout des doigts un peu de mon ardeur.
Mais sitôt achevé le travail et l'ouvrage,
Les sourires ont fuis, s'effaçant au virage.

L'ingratitude a le pas discret et léger,
Elle oublie en un jour ce qu'on a mis des mois à créer.
Pourtant, que valent-ils, ces décors sans âme ni éclat,
Si ceux qui les portent oublient d'où venait le pas ?

Qu'importe le silence et les portes qu'on referme,
L'art que l'on a donné reste une valeur ferme.
Ceux qui prennent sans voir ne brilleront qu'un temps,
Car la vraie créativité renaît toujours avec le vent.
Sylviane


07/09/2024

Premier automne

 8

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Premier automne

Châtaignes rabotées de lumière
et de silence aussi,
comme des coquillages
blessés sur le sable,

elles recueillent la sueur du jour
qui exsude bleue,
la suie de la nuit
quand vient le soir,

le sang de l’aube
lorsque le soleil rouge
suinte du ciel
et de ses frondaisons,

lorsque les arbres
trempés de pourpre
liassent tomber
leurs derniers oripeaux :

ces feuilles mortes séchées,
ces grimoires improvisés
où j’inscris mes souvenirs d’été,
mes rêves et mes joies
rabotées de mes peines
dans la pénombre de mes pas.

Alix Lerman Enriquez

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