19/06/2026

Bonjour à vous tous

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙 


Fleurs d’aurore

Comme au printemps de l’autre année,
Au mois des fleurs, après les froids,
Par quelque belle matinée,
Nous irons encore sous bois.

Nous y verrons les mêmes choses,
Le même glorieux réveil,
Et les mêmes métamorphoses
De tout ce qui vit au soleil.

Nous y verrons les grands squelettes
Des arbres gris, ressusciter,
Et les yeux clos des violettes
À la lumière palpiter.

Sous le clair feuillage vert tendre,
Les tourterelles des buissons,
Ce jour-là, nous feront entendre
Leurs lentes et molles chansons.

Ensemble nous irons encore
Cueillir dans les prés, au matin,
De ces bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nous y boirons l’odeur subtile,
Les capiteux aromes blonds
Que, dans l’air tiède et pur, distille
La flore chaude des vallons.

Radieux, secouant le givre
Et les frimas de l’an dernier,
Nos chers espoirs pourront revivre
Au bon vieux soleil printanier.

En attendant que tout renaisse,
Que tout aime et revive un jour,
Laisse nos rêves, ô jeunesse,
S’envoler vers tes bois d’amour !

Chère idylle, tes primevères
Éclosent en toute saison ;
Elles narguent les froids sévères
Et percent la neige à foison.

Éternel renouveau, tes sèves
Montent même aux coeurs refroidis,
Et tes capiteuses fleurs brèves
Nous grisent comme au temps jadis.

Oh ! oui, nous cueillerons encore,
Aussi frais qu’à l’autre matin,
Ces beaux bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nérée Beauchemin, Les floraisons matutinales


 

12/06/2026

Bon week-end à tous

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du 💙 


En printemps …

En printemps, quand le blond vitrier Ariel
Nettoie à neuf la vitre éclatante du ciel,
Quand aux carrefours noirs qu’éclairent les toilettes
En monceaux odorants croulent les violettes
Et le lilas tremblant, frileux encor d’hier,
Toujours revient en moi le songe absurde et cher
Que mes seize ans ravis aux candeurs des keepsakes
Vivaient dans les grands murs blancs des bibliothèques
Rêveurs à la fenêtre où passaient des oiseaux…
Dans des pays d’argent, de cygnes, de roseaux
Dont les noms avaient des syllabes d’émeraude,
Au bord des étangs verts où la sylphide rôde,
Parmi les donjons noirs et les châteaux hantés,
Déchiquetant des ciels d’eau-forte tourmentés,
Traînaient limpidement les robes des légendes.

Ossian ! Walter Scott ! Ineffables guirlandes
De vierges en bandeaux s’inclinant de profil.
Ô l’ovale si pur d’alors, et le pistil
Du col où s’éploraient les anglaises bouclées !
Ô manches à gigot ! Longues mains fuselées
Faites pour arpéger le coeur de Raphaël,
Avec des yeux à l’ange et l’air  » Exil du ciel  » ,
Ô les brunes de flamme et les blondes de miel !

Mil-huit-cent-vingt… parfum des lyres surannées ;
Dans vos fauteuils d’Utrecht bonnes vieilles fanées,
Bonnes vieilles voguant sur  » le lac  » étoilé,
Ô âmes soeurs de Lamartine inconsolé.
Tel aussi j’ai vécu les sanglots de vos harpes
Et vos beaux chevaliers ceints de blanches écharpes
Et vos pâles amants mourant d’un seul baiser.
L’idéal était roi sur un grand coeur brisé.

C’était le temps du patchouli, des janissaires,
D’Elvire, et des turbans, et des hardis corsaires.
Byron disparaissait, somptueux et fatal.
Et le cor dans les bois sonnait sentimental.

Ô mon beau coeur vibrant et pur comme un cristal.

Albert Samain, Le chariot d’or




 

05/06/2026

En souvenir du 6 Juin

 

Bonjour à tous
C'est avec toute mon amitié
que je viens vous souhaiter
une bon week-end.
une bonne semaine .
Prenez soin de vous .
Mille doux bisous du  
  
Une si jolie plage♥️
Les poèmes inspirés par le débarquement de Normandie

Sur une plage de Normandie, où je m’étais assoupi, la tête contre la sol, les galets m’ont raconté :

C’est sur ces rivages détrempés d’averses, par un jour du mois de juin, que nous avons vu surgir des barges dans la brume du petit matin.

En face, habillés d’autres uniformes, nous avons surpris l’agitation. Des hommes allaient mourir en masse pour la folie d’un dictateur, avide de pouvoir et de révolution.

Sous une pluie de flammes, perdus dans la bagarre, les rescapés des premières vagues, épargnés par la mitraille, sur nous se sont couchés, priant pour que cela cesse, cherchant dans ce brouillard de guerre la silhouette de leurs amis tombés.

Le sang de tous ces braves sur nous s’est répandu, imprégnant nos plages profondément. Ces jeunes gens venus d’ailleurs, jamais n’accompliraient leurs rêves d’adolescent, à tout jamais effacés.

Quand le fruit de la violence fut consommé, il ne restait sur nous que des cadavres que l’on avait alignés comme des points comptés, pour afficher le résultat d’une journée d’enfer que seul les livres ont conservé.

La mer, depuis, a nettoyé les plages, mais dans le sol, enfoui profondément, il y a encore des armes qui attendent les mains de leurs garçons. Ceux-ci reposent en terre de France, sur une pelouse de commémoration couverte de la bannière étoilée sous laquelle ils sont nés.

Ni les orages, ni les ressacs, n’ont pu effacer les cicatrices que les plages portent à jamais comme un éternel supplice. Nous avons deviné ces mères, qui longtemps on pleuré leurs enfants, leurs maris, morts au nom de la liberté.

Que reste-il dans vos mémoires de ce lourd tribut payé ? Si vous jouissez aujourd’hui encore du droit d’être libre, c’est grâce à tous ces valeureux soldats venus vous délivrer de l’infamie d’un être que la terre n’aurait jamais du porter.

Les yeux ouverts dans les étoiles, dans la nuit fraîchement tombée, je me suis relevé, regardant la plage paisible et calme. Bien des questions je me suis posées.

Rien ne justifie pareil acte de barbarie, ni territoire ni religion, nous n’avons pas tiré d’enseignements de toutes ces vies sacrifiées sur l’autel de la bêtise, que l’homme manie pour dessiner à sa guise les frontières de son insatisfaction.

Armand Voss